Créer un site internet

Gilets jaunes ou lutte de classe ?

A Moëlan, comme ailleurs, il vaut mieux être très riche plutôt que pas trop pauvre, ou si vous voulez, il vaut mieux ne plus payer l’ISF plutôt que de subir une augmentation de sa taxe d’habitation.

Dans la grande foire aux promesses faites par notre président, enfin surtout celui des grands patrons et de la finance, il y avait la disparition de la taxe d’habitation. Dans le détail, c’est un peu plus compliqué que cela. En fait, une grande partie des contribuables continue et continuera à payer cette taxe, avec en supplément, comme à Moëlan, des augmentations d’un peu plus de 7%.  

Pour les retraités, qui sont nombreux à Moëlan, ce n’est qu’une petite mesure qui s’ajoute souvent à l’augmentation de la CSG et au quasi gel des pensions. Enfin quoi ! Que de bonnes raisons de se réjouir de participer à l’effort national et international d’ailleurs, de contribution à l’enrichissement des 1% de la population la plus privilégiée qui possède, en gros, plus de la moitié de la richesse mondiale.

C’est comme l’augmentation des carburants, cela fait plaisir de savoir que cela profite en premier lieu aux compagnies pétrolières, les bénéfices de Total bondissent, c’est la joie à la corbeille, champagne ! D’autant qu’avec un résultat net d’environ 10 milliards de dollars en 2017, Total ne paie pratiquement toujours pas d’impôts. C’est l’extase, surtout que les taxes sur le carburant permettront de financer le CICE que touchera Total comme les autres entreprises du CAC 40 et bien sûr sans aucune contrepartie. Elle est pas belle la vie !

Alors oui,  les gilets jaunes que l’on voit derrière quelques pare-brise à Moëlan ou que l’on rencontre à Kervidanou , est-ce que cela peut arrêter ou même freiner  la grande roue de la fortune ?  Peu probable si l’on en reste là, surtout que les grands médias ne font rien pour dissiper les confusions, les divisions  et les fractures que subissent les victimes de cette politique néo-libérale exacerbée. Mais, ne peut-on pas penser que même si les convergences entre gilets jaunes et le reste du mouvement social sont difficiles, on peut, malgré tout, nourrir l’espoir fou que leur addition, en termes de rapport de force, pourrait singulièrement changer la donne. Faire que le « petit commis » de la finance et du CAC 40 démissionne ou pas, peu importe, mais surtout recule comme en 1968 l’avaient fait patronat et gouvernement, voilà qui serait la belle issue à cette révolte des gueux.

Les conquêtes et les reconquêtes sociales sont à portée du rapport de force que tous ensemble nous saurons ou pas créer.    

 

Ajouter un commentaire
 

Date de dernière mise à jour : 14/12/2018

×