Dossier Algues

Aucun combat n'est perdu d'avance

Après le jugement de la cour d’appel de Nantes, certains pourraient croire que la bataille est terminée, qu’il n’y a plus qu’à se soumettre. Non certainement pas !

D’abord, il y a encore le recours à la cour de cassation et nous souhaitons vivement que notre commune s’engage dans ce combat, ensuite restera toujours le combat quotidien de ceux qui refusent la loi du profit opposé à l’intérêt général.

Voilà 5 ans (15 janvier 2014) que ce dossier est apparu lors des vœux du précédent maire de Moëlan, N. Morvan, qui avait annoncé, durant cette manifestation, ce projet de culture d’algues et de coquillages le long des côtes de notre commune.

Dès cette annonce, plusieurs voix se sont fait entendre pour mettre en garde la population sur les risques que constituait cette aventure.

Ne revenons pas sur tout ce qui a été dit à cette époque (nous invitons tous ceux qui s’intéressent à ce dossier à consulter notre site http://moelan-ma-commune-j-y-tiens.e-monsite.com et à aller :

dans le "sommaire du site" sur la page « Archivage Algues 2014 »

et dans le "sommaire du blog" sur la page « Dossier Algues » ,

ils pourront y voir le développement et l’âpreté de cette lutte qui n’est surtout pas épuisée).

Dès le début, nombreux ont été ceux qui ont perçu les dérives politico-financières de ce dossier. Comme par hasard, le maire de l’époque, et président de la COCOPAQ, a largement fait l’impasse sur l’inscription des zones maritimes dépendantes de ce dossier au PLU. Probablement s’agissait-il d’un oubli ! Tout comme il a « oublié » de consulter les associations concernées et « oublié » de demander un minimum d’études d’impact.

Cette étude d’impact n'est pas obligatoire dans le droit maritime : c’est pour défendre ce décret de 1983 (époque où les questions écologiques n’étaient pas aussi prégnantes que maintenant) que les ministères de l’agriculturee et de la transition écologique et solidaire (le mal nommé) ont fait l'appel fait auprès du tribunal de Nantes en même temps que les sociétés Algolesko et Bamejyot.

Le groupe « Moëlan Ma Commune j’y tiens » a, dès 2014, souhaité que soit organisée une consultation populaire sur ce problème. Malgré tous les beaux discours concernant la démocratie participative, cela n’a pas rencontré d’écho favorable auprès des autorités « compétentes ». Quel qu’en soit le résultat, une telle consultation aurait eu le mérite d’élargir et d’approfondir le débat et de rendre une décision beaucoup plus sereine.

Tout cela, malheureusement, s’intègre bien dans l’actualité, les débats actuels qui agitent notre pays n’en sont que la transcription au niveau national. Les centres de décisions s’éloignent de plus en plus du commun des mortels pour se retrouver de plus en plus concentrés au sein d’une élite sous influence directe des grands groupes financiers et des multinationales. Le schéma que nous subissons à l’échelle européenne et nationale se décline parfaitement à notre simple plan local.

Au-delà des risques environnementaux et économiques que le projet « Algues » représente, nous ne mettrons jamais assez en garde sur les sources potentielles de conflits causées par l’appropriation de zones maritimes aussi importantes. Ne pas oublier, non plus, les questions du déchargement des algues ainsi que celles concernant leur séchage.

Et enfin il est plus que probable que les heureux bénéficiaires de ce jugement pourront tout à loisir sous-louer des parties plus ou moins importantes des zones maritimes qui leur ont été attribuées pour des activités dont nous n’avons pas encore connaissance et cela probablement avec la même absence d’études d’impact.

Alors, rien n’est terminé, la bataille continue et les formes de résistance restent encore à imaginer.

 

Publié le 27/01/2019.

 

 

Bandeau moelan ma commune j y tiens

 

Jugement de cour

Comment ne pas penser à Jean de La Fontaine à la lecture du jugement du tribunal administratif concernant le conflit des « Algues à Moëlan ». Entre « l’huitre et les plaideurs » et « les animaux malades de la peste », nous avons la synthèse du résultat :

Mettez ce qu’il en coûte à plaider aujourd’hui ;
Comptez ce qu’il en reste à beaucoup de familles ;
Vous verrez que Perrin tire l’argent à lui,
Et ne laisse aux plaideurs que le sac et les quilles.

et

Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir.

Bien sûr, il faut transposer patronymes et situations, mais nous sommes, avec ce jugement, dans la droite ligne de ce que dénonçait le grand fabuliste. Peut-être peut-on y ajouter un vice supplémentaire : rendre le plus difficile possible tout appel ou contestation future. En effet, ce jugement rendu juste avant la période des fêtes ne laisse que deux mois de recours et de plus il asphyxie les plaignants en les condamnant à des dommages allant bien au-delà des capacités financières des associations.

Dans cette période de divorce entre les élites et le peuple ne peut-on pas avec cette affaire ressentir le même malaise qui s’instille entre nos élites locales représentées par préfets, magistrats et patrons et tout le reste de la population.

Il sera très difficile pour les associations de continuer la bataille avec l’épée de Damoclès que constituent les condamnations financières latentes. Il ne reste, à vrai dire, que la municipalité qui soit en capacité de faire appel de ces derniers jugements. Au vu des enjeux environnementaux et économiques, c’est ce que, aujourd’hui, nous lui demandons. Et, parce qu’il n’y a pas de frontières entre Moëlan et ses voisines de Riec et Clohars quant aux conséquences et que de plus la Communauté de Communes est concernée dans la gestion du littoral nous demandons à cette dernière de soutenir politiquement notre commune dans ce litige.

Comme tout le monde l’a bien compris, il ne s’agit pas seulement de la culture des algues, mais aussi de celle des coquillages avec les risques de contamination sur nos côtes et surtout cette opération constitue une privatisation d’une surface maritime extrêmement étendue, 225 hectares. C’est un « commun », c’est-à-dire, un espace appartenant à la communauté qui est ainsi accaparé par des intérêts privés au détriment de la pêche côtière et de la navigation de plaisance. Et si dans 5, 10 ou 15 ans les rochers de notre côte sont envahis par des huitres creuses ou des algues non indigènes, ce ne sont pas les sociétés Algolesko et Bamejyot qui effectueront le nettoiement, rien n’est prévu à cet égard, mais c’est sûrement un oubli de nos magistrats et de notre administration.

Peut-être une autre suggestion à faire : pourquoi ne pas envisager une consultation locale ? Cela aurait le mérite de remettre un peu de démocratie à l’ordre du jour face à ce que l’on peut appeler la « pression » des lobbys.

 

Publié le 08/01/2019.

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Date de dernière mise à jour : 27/01/2019

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