Un grand débat aux petits pieds

Vendredi 08 février, en soirée s’est déroulée la version moëlanaise du « grand débat » initié par le Président de la République et sa majorité, qui n’est plus que parlementaire, à défaut d’être encore majoritaire dans le pays.

La mairie de Moëlan avait fait ce qu’elle pouvait au sein du cadre fixé par Jupiter. L’organisation du débat par table de huit personnes et sur 4 lignes de tables représentant les 4 sujets désignés, toujours par le même Jupiter, avait quelque chose d’un peu scolaire, façon salle d’examens.

Quatre types de questionnaires ont été distribués, correspondant aux 4 sujets abordés. Chaque participant étant libre de choisir son sujet et donc d’aller à la table et dans la travée qu’il souhaitait.

 

Première remarque de taille : la structure de ces questionnaires était, pour le moins, orientée. En effet de nombreuses questions étaient « fermées », selon le jargon des spécialistes des sondages, et laissaient peu de place à qui voulait sortir du cadre imposé.

 

Seconde remarque : quelle méthodologie sera utilisée pour collecter et mesurer les réponses faites par les participants à ce « grand débat » ? Et sous quel contrôle garantissant l’objectivité de l’exercice ?

 

Autre remarque : la validité de l’échantillon. A Moëlan, comme dans beaucoup d’autres villes, on a pu remarquer que, parmi les participants, on ne voyait que de très peu de jeunes et que les actifs étaient minoritaires, le public étant surtout composé de retraités. Alors comment seront effectués les redressements d’échantillons et selon quelle méthode de pondération seront calculés les résultats ? Comme aucun recensement des participants n’a été effectué selon les critères habituels de tranches d’âge, de CSP et autres indications utiles, on mesure bien la difficulté qu’auront les techniciens chargés du dépouillement et de l’analyse des questionnaires.

 

Tout ça, en fait, démontre que la première qualité de ce grand débat c’est sa prodigieuse capacité d’enfumage.

 

Certains participants ont même eu le grand plaisir de voir s’inviter à leurs tables, notre député, Erwan Balanan. Il n’a pas manqué de couvrir d’éloges ce grand débat et d’en vanter la qualité démocratique unique en Europe et même à travers le monde entier. Il n’est jamais trop bon de s’enflammer ainsi, les retours de flammes sont parfois violents confrontés aux dures réalités de la vie du commun des mortels, surtout quand les vraies inégalités ne font qu'empirer.

 

Sans tomber dans les approximations du radio-trottoir, plusieurs participants ont fait part, en fin de soirée, de leur déception, voire de leur frustration.

 

Bien sûr, aucun exercice démocratique n’est facile et « on ne peut pas contenter tout le monde et son père », comme dirait Jean de la Fontaine, même si dans le cas présent il s’agit plutôt de contenter Jupiter.

 

Alors, la grande question n’est-elle pas : la vraie démocratie est-elle compatible avec les énormes inégalités qui caractérisent la situation de notre pays ? Pas les inégalités entre les plus pauvres et les classes moyennes comme tente de nous le faire croire le gouvernement, non pas celles-là ! Non ! Seulement celles qui opposent un peuple entier avec la finance et les grandes sociétés multinationales. C’est bien, ces dernières que l’enfumage macronien tente de préserver, malgré le fantastique enrichissement qu’elles ont connu ces dernières décennies.

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Date de dernière mise à jour : 14/02/2019

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